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Des lanceurs d’alerte poursuivent WhatsApp en justice : « Pas de chiffrement de bout en bout »

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© iStock

L’affaire a été portée vendredi devant un tribunal fédéral de San Francisco par un groupe d’utilisateurs de WhatsApp originaires notamment d’Australie, du Mexique et d’Afrique du Sud. Selon Bloomberg, ces « courageux lanceurs d’alerte » affirment que les employés de Meta et de WhatsApp peuvent facilement accéder aux messages privés des utilisateurs, malgré le chiffrement de bout en bout promis.

Selon l’acte d’accusation, il suffirait qu’un employé adresse une demande en interne à un ingénieur de Meta en expliquant que cet accès est nécessaire dans le cadre de son travail. Cet accès serait souvent accordé sans contrôle approfondi, après quoi l’employé pourrait consulter, via un outil interne, les messages des utilisateurs de WhatsApp à partir de leur identifiant unique. Les messages s’afficheraient sans décryptage supplémentaire, presque en temps réel, et incluraient même des messages que les utilisateurs pensent avoir supprimés.

Une accusation grave sans preuve technique

Il est frappant de constater que la plainte, qui compte 51 pages, ne contient aucun détail technique concret venant étayer ces accusations graves. Cela est d’autant plus surprenant que le chiffrement de bout en bout est, depuis des années, l’un des principaux arguments de vente de WhatsApp. En théorie, cette sécurité signifie que seuls l’expéditeur et le destinataire ont accès au contenu des messages, car les clés de chiffrement sont conservées uniquement sur leurs appareils.

Meta a donc réagi vivement. Selon l’entreprise, toute suggestion selon laquelle les messages WhatsApp ne seraient pas cryptés est « catégoriquement fausse ». Meta souligne que WhatsApp utilise depuis dix ans le protocole Signal pour le chiffrement de bout en bout et qualifie ce procès de « récit fictif futile » visant principalement à attirer l’attention.

L’acte d’accusation fait également état de clauses de confidentialité

Les plaignants affirment en outre que Meta a tenté pendant des années de dissimuler la vérité en imposant à ses employés des clauses de confidentialité strictes. Celles-ci auraient dissuadé les employés de dénoncer les pratiques internes, par crainte de représailles juridiques de la part de l’une des entreprises technologiques les plus riches au monde. Selon l’acte d’accusation, ce silence est désormais rompu, même s’il aurait contribué pendant des années à « dissimuler la vérité ».

En 2021, ProPublica avait déjà révélé que les employés de WhatsApp pouvaient consulter un nombre limité de messages, mais uniquement lorsque les utilisateurs les signalaient eux-mêmes pour abus. Dans ce cas, les messages sont délibérément transmis à Meta. Il est également apparu à l’époque que WhatsApp pouvait partager certaines métadonnées non cryptées, telles que les données de localisation, avec les services d’enquête. Cela diffère de l’accès au contenu des messages, mais alimente néanmoins le débat plus large sur la vie privée.

Des personnalités de renom prennent part au débat

L’affaire a suscité un intérêt particulier lorsque des personnalités de premier plan se sont immiscées dans le débat. Le PDG de Telegram, Pavel Durov, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il fallait « être bien naïf pour croire, en 2026, que WhatsApp est sûr ». Elon Musk a enfoncé le clou en affirmant que WhatsApp n’était pas sûr et qu’il fallait même se méfier de Signal, tout en essayant d’orienter les utilisateurs vers X Chat. Cette déclaration a rapidement donné lieu à une note de la communauté qui nuançait, voire contredisait, cette affirmation.

Will Cathcart, le directeur général de WhatsApp, a également réagi publiquement. Il a souligné que WhatsApp n’avait pas accès aux messages, car les clés de chiffrement se trouvent exclusivement sur les appareils des utilisateurs. Selon lui, il s’agit d’un procès sans fondement qui vise principalement à attirer l’attention des médias et qui a été intenté par le même cabinet d’avocats qui avait auparavant défendu NSO, la société de logiciels espions impliquée dans des attaques contre des journalistes et des fonctionnaires.

Bien plus qu’une simple bataille juridique

Ce procès intervient par ailleurs quelques mois après que l’ancien responsable de la sécurité de WhatsApp, Attaullah Baig, a porté plainte contre Meta. Il avait alors déclaré vouloir s’attaquer à des problèmes de sécurité interne liés aux données des utilisateurs, mais avoir été contrarié dans ses efforts. Cette affaire avait déjà révélé l’existence de tensions internes autour de la sécurité et de la transparence. Reste à voir si cette nouvelle plainte tiendra réellement la route. Sans preuves techniques, les accusations semblent pour l’instant surtout porter une charge juridique et politique. Mais cette affaire montre une nouvelle fois à quel point le débat sur le chiffrement, la vie privée et le pouvoir des grandes entreprises technologiques reste sensible, surtout lorsque la confiance de milliards d’utilisateurs est en jeu.

  • À lire également : WhatsApp est-il dangereux ? Un ancien responsable de la sécurité poursuit Meta en justice
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    Onderwerp: Sécurité, Whatsapp

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